Tunisie
Trois mois après la révolution tunisienne je rejoignais trois amis à Tunis pour y tourner un documentaire reprenant les différentes positions politiques des acteurs de l’opposition à Ben Ali. Parmi les nombreuses interviews que nous avons alors réalisées il y avait eu cette rencontre avec Chokri Belaïd, tristement rendu célèbre le 6 février dernier lorsqu’il fut assassiné devant chez lui par des inconnus. Voilà donc l’entretien en question.
Retour à la normale
La saison estivale, pourtant studieuse, ne m’a pas donné le temps de mettre à jour le blog comme je le souhaitais. Pourtant il y a du nouveau, du matériel tout d’abord malgré le léger faux bond de BlackMagicDesign qui nous laisse attendre sa petite caméra depuis Juillet, toujours pas de nouveau MacPro et même plus de MacBookPro 17 pouces, de ce coté là rien de bon.
Mais je m’en vais tourner une série "genre Thalassa" pour les Émirats et la sony F3 sera du voyage avec un Cinedeck pour enregistrer en S-Log 10 bits 4:4:4 accompagnée d’une série PL de chez Cooke.
Une occasion de vous faire un petit comparatif dans ce segment (Red Scarlet, Blackmagicdesign, Sony F3…) et du coté des enregistreurs externes (Atomos, Sound Device, Cinedeck et blackmagicdesign).
Enfin, un petit article sera aussi consacré aux Lut de la Sony suite à une série de demandes en ce sens et, pour que la rentrée soit complète je ferai aussi une petite sélection des nouveautés de l’IBC 2012.
Bref c’était les vacances…
Une plongée au coeur des "pasdarans".
Voilà longtemps que je limitais ce blog à des expériences en termes techniques avec des caméras et autres matériels numériques. Lors de mes tournages je me disais que c’était cela aussi que j’avais envie de montrer ici, à savoir l’envers du décor. Faute de temps j’ai d’abord repoussé au tournage suivant en espérant jouer ce jour là avec une plus grosse caméra afin de contenter mes lecteurs avides de données techniques et de chiffres voire de prix. En parallèle de tout cela je travaillais à l’écriture de quelques scripts afin de réaliser des films documentaires au Moyen Orient voire plus loin en Asie. Celui qui nous concerne aujourd’hui s’appelle (de manière non définitive) "Une plongée au coeur des Pasdarans", ceux-ci étant, en persan, le nom des gardiens de la révolution islamique, ce corps militaire parallèle à l’armée régulière qui compte aujourd’hui des dizaines de milliers d’hommes et qui est souvent accusé ou décrié par la presse comme étant à la base d’actions ou d’intimidations tant en Iran qu’à l’étranger notamment contre des intérêts nord américains ou israéliens. Ayant la chance de pouvoir tourner en Iran j’ai fait la demande auprès du ministère des pasdarans afin de filmer en immersion auprès de jeunes gens s’y engageant au titre de leur service militaire de 18 mois. La réponse étant venue plus vite que je ne l’attendais je suis aujourd’hui en quête de co-production. Il me vient donc à l’idée de continuer à vous raconter l’envers du décor de ce film (aussi bien sa partie technique et financière que la partie humaine) je pourrai ainsi vous conter, ce long périple qui mène à la sortie en salle d’un long documentaire de 90 minutes traitant d’un sujet encore jamais exploré, mais aussi, les quelques considérations techniques et humaines sur notre métier lors d’une expérience pratique (le tournage pourrait se faire en Scarlet).
Je lance donc le premier chapitre d’une longue aventure par sa phase de recherche de fonds. J’ai inscrit le film sur "touscoprod" sur les conseils d’un ami et voilà depuis ce matin mes co-producteurs virtuels peuvent investir de 10 à 20.0000 euros (le budget final représente 5 fois cette somme) et profiter de quelques avantages ou invitations liés au cinéma. De nombreuses avants premières ou informations et images du tournages mais aussi des séances privés d’autres films que j’ai pu sélectionner dans la liste que le site diffuse en VOD. Mon choix s’est surtout porté sur la possibilité de faire découvrir des films que j’avais moi même apprécié, dont ceux de Aki Kaurimäski. Donc si vous souhaitez devenir mon co-producteur et en profiter pour voir ou revoir des films et notamment ceux de Kaurismäki n’hésitez pas foncez à cette adresse
http://www.touscoprod.com/project/produce?id=179
En attendant que je vous révèle mes avancées sur le reste de la production, notamment des diffuseurs, mais aussi des premiers repérages en Iran vous pouvez déjà vous faire une idée sur le projet et si vous le souhaitez le soutenir.
A très bientot
Changer le cadre et le regard dans l’Interview.
Lorsque l’on fait beaucoup de documentaires on est amené à tourner des interviews et donc à se poser la question de la mise en place, de l’éclairage et du cadre notamment lorsque l’on capte à une seule caméra. Comment coller au sujet et à l’ambiance générale tout en "innovant" en apportant une vision et un style différents.
Hormis de nombreuses recherches personnelles visant à varier l’éclairage pour coller aux propos, à l’émotion et à l’ambiance du film, ou à chercher un cadre et un décor favorisant la concentration sur les propos des intervenants, c’est en regardant de nombreux films que je peux trouver certaines influences. S’il peut sembler que depuis le temps on aurait fait le tour du sujet notamment en matière d’éclairage ou de cadre il faut constater que certains projets récents et ambitieux nous ont apportés de quoi réfléchir à nouveau à la façon de filmer cet exercice.
Vous pensez déjà que cela nécessite une grosse mise en place et de couteux accessoires? Il n’en est rien, un peu de bricolage et quelques kinos, rien de plus, à quoi l’on rajoute effectivement un petit accessoire, le eye-liner qui permet de "voir" l’intervieweur dans l’axe de la lentille de la caméra ainsi l’interviewé porte son regard non plus de coté mais bien droit dans les yeux de son auditoire. Le procédé m’intéresse suffisamment pour que j’ai envie de l’utiliser depuis longtemps pour une série documentaire sur laquelle je travaille avec une nouvelle télévision. Je vais donc détailler cette méthodologie afin de démontrer que l’on peut encore faire progresser l’interview à une seule caméra.
Si le procédé est donc connu et qu’il vous suffit d’acquérir ou de louer l’Eye-liner pour quelques euros ou dollars et que le système de miroir encore faut il que votre sujet nécessite ou ne contre dise pas que l’axe du regard soit droit dans l’objectif de votre caméra. Le meilleur exemple en la matière est surement le travail de Logan Schneider pour "America in Prime Time", série de portrait de grands noms de Hollywood qui se confient face caméra pour raconter l’envers du décor que vous pouvez retrouver sur PBS en ce moment. Vous pouvez d’ailleurs retrouver cette interview de Logan Schneider dans le numéro de Novembre de American Cinematographer.
Logan a utilisé une très belle caméra, une Arri D21 et un seul zoom Angénieux 24-290mm 2.8T signifiant que les moyens de la production étaient à la hauteur de leurs ambitions. Ils disposaient d’ailleurs de deux studios identiques, l’un à New York City, l’autre à Los Angeles. Mais ce choix assez simple et léger est souvent celui auquel on est confronté sur un tel projet. C’est en tout cas un choix matériel que je fais souvent lorsque j’ai a tourner ce genre de projet, un seul zoom, une seule caméra et comme souvent la production lui demandant de livrer son produit dans un format et un codec de très bonne qualité et en 4:2:2 il va adjoindre un enregistreur externe Sony HDCam SR afin d’avoir un workflow cohérent et pratique.
Coté éclairage, de même, il va utiliser quelques kinos dont celui faisant office de Key Light est placé de 3/4 et largement diffusé, et celui en Back Light vient contraster le côté opposé du visage de l’interviewé. Son arrière plan, éclairé par touches, est lui, composé de plaques de Plexiglas, une matière que l’on retrouve dans le premier plan, donnant ainsi plus de profondeur à l’image à travers des tubes qu’il a placé de chaque côté de sa mattebox afin de donner cette illusion de flou et de diffusion de la lumière autour du sujet. Ce dernier, située à presque 3 mètres du Eye-liner, regardant donc droit dans l’axe de la caméra. L’éclairage très contrasté et chaleureux accompagné de ce décor et de ce procédé donne donc à l’ensemble une atmosphère propice à des confessions, Schneider se contentant parfois de jouer avec le zoom pour varier lors de l’interview le cadre de celle-ci. C’est à travers des exemples ingénieux et assez simples que l’on peut se questionner pratiquement sur notre manière traditionnelle de travailler et de faire un cadre et une belle photographie sans pour autant avoir besoin d’une débauche de matériel et de technologie. Cela me donne encore plus envie d’essayer sur une prochaine production cette technique afin de donner encore plus de fond aux propos des intervenants.
Enfin je voudrais terminer en signalant que , suite à la journée de conférence " Le fabuleux destin de la couleur" du 3 novembre dernier à l’école nationale supérieur Louis Lumière vous pouvez retrouver sur le site de Colorpipe.org différentes analyses et retour d’expériences sur les nouvelles normes et technologies en matière de colorimétrie et d’étalonnage.





