Épisode 1 du podcast Récit Stratégique, la guerre asymétrique du Hezbollah au XXIe siècle. « De quoi le 7 octobre est il le nom? »

Le 07 octobre fut un tournant dans l’histoire régionale du proche orient. Ce podcast en donnant la parole à des chercheurs, analystes et militaires ou officiers du renseignement souhaite explorer la guerre du point de vue du narratif du Hezbollah qui est partie au conflit.

Lors de ce premier épisode de cette série documentaire en 14 parties sur la Guerre asymétrique du Hezbollah, le mouvement chiite islamiste libanais soutenu par l’Iran, nous allons faire une plongée dans les raisons et donc le contexte du déclenchement de cette guerre qui aujourd’hui encore embrase le proche orient. Au commencement n’était pas le 7 octobre bien avant cela la lutte pour la libération de la Palestine était déjà présente au Liban notamment à travers l’installation de l’OLP dans les années 1970. Mais le 7 Octobre fut aussi le déclenchement du front de soutien du Hezbollah à ce partenaire au sein de l’axe de la résistance qu’est le Hamas à Gaza. 

Comment ce 7 octobre s’est il préparé au sein de cette structure inhabituelle pour les relations internationales et le Hezbollah et au delà de lui l’Iran étaient ils au courant et avaient ils alors prévu un déclenchement en commun des hostilités contre Israël qui n’avait pas su ou voulu interpreter les signaux faibles en provenance de l’enclave palestinienne.

Pour y répondre je confronte les propos uniques d’un dirigeant militaire du Hezbollah que j’ai pu exceptionnellement rencontrer à Beyrouth en septembre 2025 aux analyses de chercheurs, militaires ou officiers du renseignements spécialisés sur la question.

Bibliographie :

Salim Tamari, Jérusalem 1948

Claude Klein, La démocratie en Israël

Sabri Giroud, Palestine et Palestiniens

Nadine Picaudou, Les palestiniens un siècle d’histoire

Michel Warschwaski, Le défi binational

Alain Gresh, Israël, Palestine

David Grossman, Le vent jaune

Benny Morris, Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste

John Mearsheimer & Stephen Walt, Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine

Edward Said, Culture et résistance

Georges Habache, Les révolutionnaires ne meurent jamais

Eugene Rogan & Avi Shlaim, La guerre de Palestine derrière le mythe de 1948

Wissam Ahhaj, Eugénie Rébillard & Nicolas Dot-Pouillard, De la théologie à la libération histoire du Jihad islamique palestinien

Pénélope Larzillière, Être jeune en Palestine

Agnès Pavlowsky, Hamas ou le miroir des frustrations palestiniennes

Lætitia Bucaille, Gaza : la violence de la paix

Hervé Kempf & Jérome Equer, Gaza la vie en cage

Bernard Rougier, Le jihad au quotidien

Michel Goya, L’embrassement comprendre les enjeux de la guerre israel-hamas

Transcription de l’épisode 1 :

Le 27 septembre 2024, Benjamin Netanyahou est à New York, au siège des Nations Unies, où il déclare, devant un auditoire très parsemé, « Nous n’accepterons pas qu’une armée terroriste, perchée à notre frontière nord, soit capable de perpétrer un autre massacre du type du 7 octobre ». Puis, il s’isole avec deux conseillers dans une salle sécurisée et donne son feu vert à l’opération visant à assassiner Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah libanais. A 18h20, en quelques secondes, 80 tonnes de bombes de fabrication américaines vont vont être lâchées sur un bloc de 6 immeubles au cœur de Haret Hreik , le fief du parti de Dieu, dans la banlieue sud de Beyrouth. Le chef du Hezbollah, qui vient de s’y réunir avec son état-major dans un bunker souterrain, y périra ainsi qu’une centaine de personnes au total. Un mois plus tard, le 27 novembre 2024, un cessez-le-feu sera signé entre les deux adversaires. Celui-ci ne sera pour autant pas respecté par Israël, et de fait, la guerre n’est finalement pas terminée. Si le Hezbollah a certes connu une décapitation de son commandement, et qu’un coup très dur lui a été porté, l’issue de ce conflit, pourtant, est bien plus difficile à déterminer qu’il n’y paraît. 

Un an après ces événements, j’ai pu exceptionnellement rencontrer un responsable militaire du Hezbollah, à une centaine de mètres du lieu de l’assassinat de son chef. Nous l’appellerons Jawad, et pour des raisons de sécurité évidentes, sa voix, ici, a été remplacée par celle d’un acteur. Cette rencontre a été rendue possible par un long travail de terrain, de plus de 18 ans au Liban, qui traduit une volonté d’apporter un éclairage nouveau sur l’un des principaux acteurs politico-militaires de la région. 

Notre approche consiste à esquisser les bases d’une meilleure compréhension et rond avec les standards traditionnels, et nous concevons que cela peut susciter des questionnements, des analyses ou des points de vue différents, voire opposés. Au cours de ces 14 épisodes, nous allons débattre de cette guerre, de l’axe de la résistance, de ses chefs, de son histoire, de son infiltration par l’ennemi et des assassinats qui en sont suivis, de l’utilisation de l’intelligence artificielle militaire, des objectifs et des moyens de cette guerre, des stratégies et des tactiques utilisées, ou encore des conditions du cessez-le-feu, mais surtout des enjeux d’une guerre asymétrique.

Nous nous appuierons donc sur le témoignage de Jawad, sur ceux d’un député et ancien ministre du Parti de Dieu, rencontré à la même époque, ainsi que sur des documents édités par le Centre de Recherche et de Développement, un think-tank regroupant des chercheurs proches du Hezbollah, notamment une publication, La Guerre des Premiers Braves, qui propose une vision stratégique, approfondie, qui dépasse le récit documentaire traditionnel. Le sujet de cette série documentaire, La Guerre, La Stratégie Militaire, est évidemment très sensible, et certains propos tenus par des intervenants, qui n’engagent qu’eux-mêmes, pourraient heurter des auditeurs. Cependant, l’objectif reste d’apporter des éléments à un débat public, et de débattre donc de faits et de positions politiques, affirmés par plus d’une quinzaine d’intervenants au cours de ces 14 épisodes. 

Ils sont chercheurs, analystes, anciens officiers, ou membres des services de renseignement, et l’auteur et les producteurs de ce podcast ne partagent pas forcément leur point de vue. 

Ainsi, au cours de cet épisode, interviendront Agnès Levallois, analyste spécialiste du Moyen-Orient, présidente de l’IREMMO. 

Bernard Hourcade, directeur de recherche émérite au CNRS géographe spécialiste de l’Iran . Guillaume Ancel, ancien officier de l’armée française et écrivain. De Olivier Masse, ancien officier, puis membre de la DGSE qui a été notamment chef de poste à Beyrouth jusqu’en 2017. 

Mohamed Khawaja, un député libanais du mouvement Amal, allié du Hezbollah au Parlement. Il est également auteur d’une série d’ouvrages sur la stratégie militaire. 

Hussein Hajj Hassan, membre fondateur du Hezbollah, ancien ministre et député au Parlement libanais. 

Je m’appelle Emmanuel HIriart et vous écoutez Récit stratégique, la guerre asymétrique au XXIe siècle, le cas du Hezbollah libanais. Un podcast produit par Images d’ici et d’ailleurs. Épisode 1. De quoi le 7 octobre est-il le nom ? 

Notre récit débute donc le matin du 7 octobre 2023 à 6h30. 

Guillaume Ancel, ancien colonel de l’armée française et écrivain.

« Je vais commencer au 7 octobre parce qu’en fait le 7 octobre c’est le déclencheur. Alors je ne vais pas refaire l’histoire, je pense que ce n’est pas l’objet du podcast. Mais le 7 octobre 2023, le Hamas déclenche une opération que je vais qualifier de terroriste. Pourquoi ? Parce qu’elle utilise la terreur. Elle n’a pas d’objectif militaire et dans lequel il va y avoir 1200 morts et 250 otages. C’est un traumatisme complet pour la société israélienne parce qu’elle ne s’attendait pas à cette attaque alors que les services de renseignement israéliens l’avaient remonté plusieurs fois à Netanyahou. Et Netanyahou l’avait écarté. Pourquoi ? Parce qu’il voulait se concentrer sur une seule chose, la colonisation brutale de la Cisjordanie. J’ai un doute, et que je continue à avoir compte tenu de son silence, sur le rôle qu’a joué Vladimir Poutine, parce qu’on se souvient qu’en octobre 2023, lui, il est empêtré dans la guerre en Ukraine, c’est qu’à ce moment-là, il y a une contre-offensive qui est au milieu du guet. Et donc, il faut absolument qu’il arrive à créer une diversion, notamment pour l’aide américaine qui est puissante. Et je pense qu’il a joué un rôle, d’autant plus qu’il ne dit jamais un mot sur cette attaque. Donc, on voit bien que c’est inhabituel de sa part qu’il se mêle de tout, surtout quand il faut flanquer le chaos. »

S’il ne s’agit pas de traiter de ces attaques, encore faut-il comprendre quels sont les déclencheurs de ces deux années de conflit. C’est donc l’objet de ce premier épisode qui tente de répondre à cette question. Le Hezbollah savait-il pour le 7 octobre Et s’il ne l’a finalement pas planifié, comme de nombreux analystes ont voulu l’écrire en 2023, quels liens avec le Hamas et la Palestine ont-ils poussé à entrer dans cette guerre ?

Jawad, responsable militaire du Hezbollah

« Qu’est-ce Qu’est-ce que j’ai ressenti ce jour-ci ? Qu’est-ce que j’ai ressenti ce jour-ci ? C’était le jour le plus beau de ma vie. J’étais à la maison avec mes enfants. J’ai J’ai commencé à pleurer. Je n’ai pas réalisé ce que je voyais. C’était un rêve qui habite tout résistant, toute personne qui lutte contre l’occupation. Nous sommes martyrisés, tués par Israël depuis 1948. J’ai vu le long cheminement qui a amené jusqu’au 7 octobre. La liste est longue des crimes commis contre les nôtres, nos parents, nos grands-parents, l’humiliation, l’expulsion de nos villages, etc. Toute l’oppression subie par la Palestine, par le peuple de Palestine. Ce jour-ci, j’ai ressenti que toutes les forces dominantes dans le monde ont connu un moment d’effondrement. Malgré tout ce qui s’est passé, ce jour restera le plus beau jour de ma vie. Quoi qu’il se passe ensuite, jusqu’à ce qu’on assiste peut-être à la libération de la Palestine, ça sera un jour meilleur. C’était un jour de justice. Le peuple palestinien a pu quelque part se rendre justice partiellement. Un jour de justice pour l’oppresseur est bien plus terrible qu’un jour d’injustice pour l’opprimé. » 

Le Hamas, dont le nom est l’acronyme partiel de Harakat al-Muqawama al-Islamiyah, soit mouvement de résistance islamique, fondé en 1987 lors de la première intifada palestinienne, ou plus exactement sa branche armée, les brigades Ezzedine el Qassam, du nom de ce précurseur du nationalisme palestinien et de la lutte contre le colonialisme français en Syrie, puis britannique et sioniste en Palestine mandataire au début du XXe siècle. 

La branche armée du Hamas donc, qui annonce à travers un enregistrement audio d’une dizaine de minutes de Mohamed Deif, son commandant, l’opération déluge d’Al-Aqsa, du nom du troisième lieu sacré de l’Islam situé à Jérusalem, en représailles, je le cite, à la profanation de la mosquée d’Al-Aqsa par les Israéliens. Cette branche armée, qui est passée de cellules effectuant des attaques dans les territoires occupés ou en Israël à partir de 1991, à une force militaire plus traditionnelle, notamment à Gaza, depuis la victoire du Hamas aux élections de 2007. 

Mohamed Khawaja député du mouvement Amal.

« En réalité, il y a une différence, une divergence d’opinion au sein des élites palestiniennes et arabes au sujet de ce qui s’est passé ce jour-là. 

Peut-être que ceux qui ont planifié l’opération déluge d’Al-Aqsa n’avaient pas imaginé qu’elle allait être une opération réussie à ce point. Mais ils n’avaient pas non plus imaginé que les conséquences allaient être de l’ampleur que nous connaissons et que nous voyons encore aujourd’hui. C’était une opération extrêmement extrêmement complexe, extrêmement téméraire. De mon côté, je ne peux être que du côté de la résistance. Pas Pas simplement pour des raisons de solidarité humaine ou de parti pris intellectuel. Nous Nous portons en réalité la même cause. Le peuple palestinien subit une oppression extrême depuis plus d’un siècle et je ne peux oublier les responsabilités centrales de l’oppresseur, et ceux qui le soutiennent en Occident. 

Comme le disait Arnold Toynbee, l’historien britannique très connu, le défi provoque toujours une réaction. L’occupation suscite toujours la résistance. C’est le droit de tous les peuples du monde de résister. Le peuple français aussi a connu cette expérience. L’occupation. Et il y a eu une résistance il y a 85 ans. »

Cette branche armée du Hamas ne va pas opérer pourtant seule déluge d’Al-Aqsa, en cela que les branches armées d’autres mouvements palestiniens, dont les islamistes de la brigade al-Quds du djihad islamique, qui qui pourtant affronta seule l’armée israélienne en 2021, sans aide du Hamas, ce qui contribuera peut-être à faire croire alors une absence de volonté de conflit armé de sa part, comme le mentionne ici en octobre 2023, Saki Anekbi, le conseiller à la Sécurité nationale de Netanyahou, mais nous y reviendrons. 

Olivier Mas, ancien officier français et ancien chef de poste de la DGSE à Beyrouth.

« Mais en tout cas, oui, à cette période, avant le 7 octobre, le Hezbollah peut-être, paraissait sans doute l’ennemi public numéro un.

Parce qu’avec beaucoup plus de capacités, avec une petite profondeur stratégique, avec le soutien de l’Iran indéfectible, avec une montée en puissance du nombre de ses vecteurs, de ses missiles, etc. Et je pense aussi que ça a expliqué un petit peu l’échec du renseignement israélien, de ne pas avoir vu le Hamas, qui était perçu comme un acteur avec de moindre capacité, moins dangereux, plus infiltré, avec des sources humaines. Les Israéliens avaient pas mal de sources au sein du Hamas, mais ces sources-là, finalement, n’ont pas donné beaucoup de renseignements. Finalement, elles n’étaient pas si bien tenues que ça. Et donc, à cette période-là, ben oui, c’est le Hezbollah qui paraît le plus menaçant. Et donc, on regarde plus le Hezbollah plutôt que l’ennemi intérieur du Hamas qui passe sous le radar. » 

Mais aux côtés de ces deux formations islamistes, on trouve aussi des mouvements laïcs, pourrais-je dire, avec avec les brigades de la Résistance Nationale, du Front Démocratique de Libération de la Palestine, ou bien les brigades Abu Ali Mustapha, du Front Populaire de Libération de la Palestine, deux organisations que l’on classera à gauche, ainsi que des dissidents du Fatah, pourtant opposés au Hamas, au sein de la brigade des martyrs d’Al-Aqsa, qui vont s’unir pour participer à cette opération, un jour de Shabbat pour Israël, le jour de la fête de Siam Torah, 50 50 ans, jour pour jour, après le déclenchement de la guerre du Kippour, le 6 octobre 1973. 

Olivier Mas, ancien officier français et ancien chef de poste de la DGSE à Beyrouth.

« Oui, alors c’est une opération du point de vue du Hamas, de ce qui les conduit, tactiquement, tactiquement, pas stratégiquement, et pas à long terme, mais techniquement c’est une opération très réussie, parce qu’elle déjoue les surveillances et les protections de Tsahal, les surveillances des différents services de renseignement, surtout le Shin Bet, ou les renseignements le Aman, les renseignements militaires, le Mossad est peut-être moins impliqué dans la responsabilité. Mais voilà, donc c’est un mouvement qui est arrivé à contourner les surveillances techniques dont ils étaient l’objet, donc à faire passer à monter une opération, en évitant toutes les communications qui pouvaient être interceptées, en mettant peu de gens dans la confidence, en parlant de vive voix, etc. Donc ils sont arrivés à monter une opération clandestine et à faire une surprise. Après, c’est une monumentable erreur stratégique, puisque évidemment, en termes de destruction, les Palestiniens ont tout perdu là-dedans, mais en tout cas, en termes tactiques, d’une opération clandestine, c’est une réussite, à courte vue, mais c’est une réussite. » 

En quoi consistent donc ces attaques ? D’abord, au lancement de plus de 2500 roquettes sur Israël pendant 20 minutes, dans une profondeur allant jusqu’à 80 km, sans en attendre un grand bénéfice autre que tactique, en cela que cela va couvrir les attaques sur la barrière qui entoure tout le territoire palestinien, et forcera les militaires israéliens à rejoindre les abris dédiés. Cela va également saturer le système d’hommes de fer, soit la défense antiaérienne israélienne, mise en place depuis 2011. Ce premier acte fait retentir les sirènes d’alerte dans la presque totalité du pays, qui compte déjà cinq mois. Le percement en plusieurs dizaines de points de la clôture de sécurité, longue de plus de 59 km, va être maintenant réalisé en deux temps. Il faut d’abord au Hamas et à ses alliés s’attaquer à distance, par des missiles anti-chars, des tirs de snipers, ou des munitions rodeuses, donc des drones, aux nombreux capteurs, caméras et antennes, ainsi qu’aux tours de guets disposés tout au long de cette barrière. Les unités du renseignement militaire, dont l’unité 8200 en charge de cette barrière, ont d’ailleurs tenté, depuis au moins le mois de juillet précédent, d’alerter l’état-major israélien de la possibilité d’une telle attaque sur son infrastructure. Suite notamment à un exercice qu’avait alors mené le Hamas, et qui ressemblait en plusieurs points, au plan évoqué dans le document « Mur de Jéricho ».

Ce document, d’une quarantaine de pages en possession du renseignement israélien depuis plus d’un an, détaillait une attaque hypothétique du Hamas sur les villes du Sud. 

Cette menace ne sera pas prise au sérieux par les décideurs israéliens ayant jugé le scénario imaginaire. Et le 7 octobre, le système de surveillance est donc inopérable et les troupes non préparées. Les technologies équipant cette barrière, qui auront coûté plus d’un milliard de dollars, ne sont plus d’aucune utilité. Et le percement de la muraille peut désormais continuer à l’aide d’explosifs, de roquettes ou de bulldozers sur au moins une vingtaine de points du nord au sud de la bande de Gaza. Ce qui va permettre à des commandos de s’infiltrer sur le territoire israélien et attaquer des postes militaires disposés autour de l’enclave palestinienne. Ils s’y sont entraînés pendant des mois à Gaza, dans au moins six camps distincts, et certains sont même allés jusqu’en Iran pour cela. Ils savent exactement comment franchir ce mur en passant par-dessus, par-dessous, à travers, par voie terrestre, aérienne ou maritime. Ainsi, certains commandos, notamment ceux qui vont atteindre le site du festival de musique techno Tribe of Nova, vont vont utiliser des para-moteurs de fabrication tchèque pour s’infiltrer au sein du territoire israélien par les airs. 

Si la première utilisation d’un parapente de la sorte a été effectuée en 1987, lors d’une attaque jugée dévastatrice au Liban Sud sur la base de Bet Hillel, provoquant la mort de six soldats et en blessant dix autres, Le renseignement israélien redoutait plus sa mise en action par le Hezbollah libanais que provenant de la bande de Gaza. Autre fait presque anecdotique mais qui résume l’ampleur de ce plan d’attaque, la formation de commandos marines du Hamas qui vont utiliser des canaux pneumatiques ou des embarcations plus classiques pour mener un raid sur la base Bahad 4 qui jouxte le kibbutz de Zikim au nord de la bande de Gaza. Ils sont rejoints par des commandos qui ont ouvert une brèche, à moins de 2 km de celle-ci, dans le mur de protection. Quelques heures plus tard, Tsahal publie une déclaration annonçant que la base est désormais perdue. C’est le cas d’ailleurs de nombreuses bases militaires qui sont aveugles mais aussi submergées par l’ampleur de cette attaque. 

Plus aucun capteur n’est alors braqué sur ceux qui viennent de s’infiltrer par voie terrestre, parfois en revêtant des uniformes des forces de sécurité israéliennes, afin d’ouvrir le chemin à d’autres commandos motorisés qui vont cibler, en moins de 30 minutes, 22 objectifs militaires autour de Gaza, dont par exemple le commissariat de la ville de Sderot, qui comprend 30 000 habitants, mitoyennes de Gaza, que Tsahal finira par détruire avec les assaillants et les otages à l’intérieur à l’issue de près d’une journée de combat. Mais ce sont aussi les bases et ou qui boutent ces moshav de Kfarasa, Nahal-hoz, Nir-hoz, Be’eri, Réim, Magen et Soufa plus au sud, jusqu’à Ofakim, à plus de 20 km à l’intérieur du territoire israélien qui sont attaqués ce jour-là. Il s’agit alors de 22 batailles sur le territoire israélien, auxquelles vont prendre part, selon l’israélien, près de 2 900 palestiniens de différentes factions, avec des rôles minutés, bien précis, d’assaut ou de soutien, et disposant de renseignements détaillés ne provenant pas de sources ouvertes. Le Hamas aurait en effet profité des manifestations dites du droit au retour, le long de cette barrière, à partir de 2018, pour cartographier précisément ses défenses, ses points sensibles et la façon de les neutraliser. Certains civils ou clans vont alors s’infiltrer aussi et déborder l’organisation mise en place par Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza. Il semblerait que lui et les quelques commandants ayant pris part à la planification de cet assaut très minuté, qui ont contribué auparavant à l’endormissement des services de renseignement israéliens, notamment le Shin Bet, ont peut-être fini par surestimer une seule chose, la réponse immédiate israélienne. 

Guillaume Ancel, ancien colonel de l’armée française et écrivain.

« Typiquement, quand il y a eu l’attaque du 7 octobre. L’armée israélienne a eu énormément de mal à réagir vite. Pourquoi ? Parce que c’est, malgré tout, une armée lourde qui ne s’attendait pas à une attaque de cette ampleur parce qu’ils n’avaient pas écouté leurs services de renseignement. Or, il faut imaginer que dans une attaque comme ça, c’est un peu comme un incendie de forêt. Toutes les minutes perdues voient le feu s’étendre de manière exponentielle dans toutes les directions. Et donc, il aurait fallu intervenir dans les premières heures, dans LA première heure, là où les Israéliens ont commencé à faire desования. Ils pensaient intervenir au bout de la troisième heure. Donc, c’était une catastrophe en soi. Ça, c’est typique de la guerre asymétrique, c’est-à-dire de se retrouver pris dans ses rigidités et dans sa lourdeur. » 

Il faudra en effet plusieurs jours à l’État israélien pour reprendre possession de ces zones en utilisant une grande force de frappe, notamment aérienne, et en appliquant ici la doctrine Hannibal, qui consiste en la limitation ad extremum, du risque de prise d’otages par tous les moyens possibles, et donc y compris au péril de ces derniers. Cette Cette doctrine a été conçue durant les années 1980 en plein conflit avec le Hezbollah. Elle ne se base sur aucun texte officiel et a été créée afin d’éviter les échanges onéreux de captifs entre Israël et ses ennemis. Au final, après cette attaque et la confusion totale qui en ressort, on dénombrera près de 1200 morts côté israélien, dont 843 civils et 364 provenant du seul site du festival Nova. Les 1851 disparus qui termineront termineront en qualité d’otages dans la bande de Gaza, dont 74 sont originaires du kiboutz Nir Oz. On estime de l’autre côté à plus de 1500 le nombre de militants ou de civils palestiniens ayant perdu la vie dans l’opération des luges d’Al-Aqsa. 

Très vite, des analystes, notamment israéliens, vont chercher le donneur d’ordre à Téhéran, voire à Beyrouth. Il serait même question d’une réunion, pourtant secrète, tenue à Beyrouth entre tous ses dirigeants afin de planifier des luges d’Al-Aqsa. Le but serait de faire tomber les accords d’Abraham et donc de stopper la normalisation d’Israël avec de nombreux pays arabes qui, jusque-là, ne reconnaissaient pas l’État hébreu. 

Agnès Levallois, analyste spécialiste du Moyen-Orient, présidente de l’IREMMO.

« En fait, avant le déclenchement du 7 octobre, il faut se replacer dans la stratégie qui est menée par Donald Trump qui vise à ce que les pays arabes normalisent leur relation avec Israël. C’est vraiment la ligne force de ce mandat de Trump. Quatre pays ont accepté de normaliser, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Et des négociations ont cours avec l’Arabie saoudite, qui pour les Américains serait le gros morceau, si je puis dire, à intégrer dans ces accords qui avaient été signés en 2020. Et le Liban, parallèlement à ce processus, négocie avec Israël sur la question des frontières maritimes. Et qu’il y a, de fait, une négociation, indirecte bien sûr, mais une négociation entre Israël et le Hezbollah, puisque le Hezbollah est directement concerné par cela. Et qu’on a le sentiment, en tous les cas, à la veille du 7 octobre, que cette négociation a bien avancé et permet à certains de dire que, eh bien, ça devrait pouvoir être conclu. Donc, on a un paysage paradoxal, si je puis dire, où il y a toujours un discours très véhément contre la politique d’Israël. Et en même temps, une volonté de la part de plusieurs pays à normaliser les relations avec l’État hébreu. Et tout ça, ça me paraît un point important, sur fond, d’abandon total de la question palestinienne. Et ce qui va conduire, me semble-t-il, aux attentats du 7 octobre. »

Que sait-on aujourd’hui pour autant de cette planification et de l’implication, notamment, du Hezbollah dans ces attaques ? Car si l’on prête assez rapidement la responsabilité de cette opération au Hezbollah, les Israéliens redoutaient en fait d’une attaque provenant de sa frontière nord à l’époque. Et si on cherche à impliquer les Iraniens, notamment la section des gardiens de la révolution islamique dénommée Force Al-Khoud, c’est parce qu’elle forme et soutient financièrement le Hamas palestinien ou le djihad islamique, notamment dans la bande de Gaza. 

Agnès Levallois, analyste spécialiste du Moyen-Orient, présidente de l’IREMMO.

« Tout de suite aussi, n’oublions pas qu’il y a eu toute cette, cette polémique quand même en se disant, mais la réunion qui est organisée le 7 octobre s’est déroulée à Beyrouth, quelques temps auparavant, il y a eu aussi tout ce récit. Moi, à ce stade, je suis incapable de savoir si c’est vrai ou pas vrai, de ce qui a été discuté, de quelle a été la part d’implication ou même simplement de connaissance par le Hezbollah de cette opération, j’en sais rien. Moi, j’ai quand même tendance à considérer que pour que cette opération ait pu se réaliser comme elle s’est réalisée, il ne devait pas y avoir trop de choses. de personnes au courant parce que sinon, ça ne marche pas et qu’on sait qu’il y a un certain nombre quand même de personnes qui sont payées par le renseignement israélien au sein des, au Liban et au sein même du Hezbollah, on l’a vu. Donc, j’ai tendance à penser que le Hezbollah n’était pas, que le Hezbollah sache que quelque chose pouvait se préparer, oui, mais sûrement pas dans le détail de ce qui s’est véritablement déroulé et que du coup, j’imagine qu’ils ont été aussi pris de court par l’ampleur de cette opération, mais et du coup aussi par l’ampleur de la réaction qui a été menée. » 

Si l’on accuse de cette attaque, l’axe de la résistance dans son entier, donc à sa tête la République islamique d’Iran, cela vient aussi de la complexité de cette entité en matière de relations internationales et de coopération militaire. 

Rafi Madayan, ancien responsable du Parti communiste libanais, analyste spécialisé sur les relations internationales.

« Sur le plan militaire, bien sûr que le front régional régional anti-israélien qui allait de Gaza jusqu’au Yémen en passant par le Liban et la Syrie et l’Irak était très important. Malgré Malgré qu’il n’y avait pas une chambre d’opération militaire commune entre entre les Palestiniens et les Libanais et les Syriens et les Yéménites et les Iraniens, il y avait une coordination plutôt plutôt politique. Bien sûr, il y avait une coopération militaire entre le Hamas et le djihad palestinien et le Front populaire de la libération de la palestinienne, les brigades d’Abu Ali Moustafa. C’était entraîné au Liban par le Hezbollah et il y a eu cette coopération pour échanger échanger les tactiques, les renseignements, pour aussi entraîner entraîner les cadres palestiniens pour aller en Cisjordanie et aller à Gaza à travers l’Égypte pour organiser les cellules de résistance à Gaza. Entre les Hezbollahs, les Iraniens, les gardiens de la révolution iranienne, les les Palestiniens, il y a eu cette coopération, cette collaboration. Mais on peut dire que sur le plan militaire, il n’y avait pas ce Front militaire uni. Donc c’est un réseau régional régional d’acteurs non étatiques, des des organisations des acteurs non étatiques, qui est le Front de résistance dans la région, beaucoup plus que c’est un Front militaire anti-israélien. » 

Ceux qui vont accuser le Hezbollah dès le 7 octobre se trompent donc largement sur ses intentions en 2023. 

Jawad, Responsable militaire du Hezbollah

« Pour clair, dès le départ et d’ailleurs, il y a eu des prises de positions officielles publiques dès le début par le Hezbollah. Je peux affirmer qu’il n’y avait pas de coordination avec les organisateurs de l’attaque du 7 octobre. Le Sayed ne le savait pas. Les dirigeants iraniens, les dirigeants du Hamas à l’étranger non plus. Certains au sein du Hamas, à Gaza, ne savaient pas qu’il y avait une opération. Mais ceci ne constitue pas un problème pour cet axe. Cet axe est quelque chose d’assez unique. Il ne ressemble absolument pas à ce qu’on étudie habituellement dans les relations internationales. toute Toute alliance se base soit sur des intérêts communs, des intérêts matériels, liés à l’État, soit sur une alliance basée sur un certain nombre de principes que je qualifierais de nombres. Nous, nous considérons que notre front, notre axe, rassemble des groupes de déshérités qui combattent le colonialisme représenté par Israël dans cette région. Il y a bien sûr un État par un, mais même l’Iran est quelque part en position de pays dominé face aux puissances impérialistes. Ce qui peut paraître étrange avec cet axe, c’est qu’il n’a pas de centre de décision auquel obéissent tous ses membres. Nous sommes Nous sommes, parce que nous partageons cette vision, cette idéologie, un axe où les acteurs convergent autour d’un objectif. Ce que je suis en train de dire ici, j’en ai des preuves par centaines. Nous avons Nous avons un objectif commun, un objectif déclaré, celui d’affronter l’ennemi israélien. Mais chaque pays dans cette région a aussi sa propre dynamique, ses caractéristiques propres, ses conditions, ses capacités matérielles et morales. Nous sommes Nous sommes en mouvement permanent. Il y a des changements permanents. Ce qui n’était pas vrai en Iran, il y a un mois, l’est devenu aujourd’hui. 

Et nous avons un certain nombre de valeurs qui nous unissent. C’est comme ça qu’on peut comprendre la réalité de cet axe. C’est pour ça que, Lorsqu’on lorsqu’on parle de cette opération, elle fut menée par le Hamas à Gaza contre notre ennemi commun. Pourquoi ? Pour aller de l’avant dans les objectifs qui nous sont communs. Nous ne savions pas, mais nous n’étions pas tristes ou contre cette opération. Enfin, le troisième point, c’est que le Hamas, surtout, a toutes les raisons du monde et tous les justificatifs pour mener une opération de ce genre. » 

En effet, dès 1979, la jeune république islamique d’Iran, désireuse de voir s’étendre son influence, mais aussi la révolution islamique, a commencé à soutenir des mouvements révolutionnaires chiites au Moyen-Orient, le Hezbollah au Liban et des groupes opposés au régime de Saddam Hussein en Irak. Depuis, la république islamique d’Iran coordonnerait plusieurs mouvements dans la région, dont Hach al-Shahabi, qui regroupe elle-même plusieurs milices, milices, dont Kataeb Hezbollah en Irak, Ansar Allah au Yémen, le Hezbollah libanais, et donc le Hamas et le djihad islamique en Palestine. Le régime islamique est aussi l’allié de la Syrie de Bachar al-Assad jusqu’à sa chute en 2024, au sein de ce que l’on appelle l’axe de la résistance. Le terme a été créé par le journal libyen Alza Falagdar en 2002, en opposition à l’affirmation du président états-unien George W. Bush, qui prétendait que l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord formaient un axe du mal. Puis, le journal iranien le Jomouriyya Islami reprend l’expression en référence à l’insurrection chiite en Irak, écrivant en 2004 que, je cite, « Si la ligne des chiites d’Irak a besoin d’être connectée, unifiée et consolidée, cette unité doit être réalisée dans l’axe de la résistance et la lutte contre les occupants. »

Cette alliance serait liée par une solidarité se renforçant sans cesse face aux attaques occidentales qu’elle subit et partagerait des objectifs politiques similaires pour la région du Moyen-Orient, à savoir se libérer de la domination impérialiste des États-Unis et d’Israël. Ce dernier est désigné par le terme « entitée sioniste » en référence à l’idéologie qui conduisit à la création de l’État hébreu en 1948. Pour mieux comprendre la réalité de cette alliance atypique en matière de relations internationales, qui est l’axe de la résistance, il faut s’arrêter sur le parcours d’un homme, son ingénieur en chef et brillant stratège, reconnu d’ailleurs comme tel par les Occidentaux, qui en tant que général des gardiens de la Révolution, est nommé à la tête de la force Al quds, cette unité d’élite spécialisée dans la guerre non conventionnelle, le renseignement et les opérations extérieures. L’ingénieur et le brillant stratège de cet axe de la résistance était un major général d’origine très modeste, qui s’est engagé dans ce mouvement révolutionnaire et militaire dès 1979, et qui participera, avant de prendre de telles fonctions, à la guerre Iran-Irak, où il sert sur le front sud et apprend alors à s’infiltrer en territoire ennemi. Il terminera la guerre en tant que chef de la 41e division, Sarala. 

Qassem Soleimani, c’est son nom, va être à partir de 1997 l’architecte de l’axe de la résistance, en formant des bataillons chiites, pakistanais ou afghans, en se rendant sur le terrain et en combattant avec les uns et les autres, du Liban en Irak, notamment contre Daesh, en passant par la Syrie, en nouant des liens avec les Houthis au Yémen, mais aussi en finançant ses frères sunnites, du jihad islamique et du Hamas palestinien. 

Bernard Hourcade , géographe, spécialiste de l’Iran, directeur de recherche émérite au CNRS.

« Il est certain que Soleimani est un excellent général. Très proche de ses hommes, efficace, ce n’est pas un terroriste. Quand la ville de Tikrit a été prise par les troupes contre Saddam Hussein, les sauvages, les barbares qu’il avait sous ses ordres voulaient piller et violer tous les habitants de la ville, il a dit non, nous sommes une armée, on a pris une ville, ils en sont vaincus, on ne massacre pas, on ne pille pas ». 

Ainsi, Ainsi, il sera durant la totalité du conflit de 2006 opposant Israël au Liban, aux côtés d’Iman Mughniyeh, le chef militaire du Hezbollah, et il connaîtra le même destin funeste que ce dernier en étant, lui, assassiné le 3 janvier 2020 par un tir de drone à sa sortie de l’aéroport de Bagdad, Qui élimine avec lui des responsables des gardiens de la révolution et de   La coalition paramilitaire irakienne Composée de milices chiites Et Il est remplacé à son poste par Ismaël Qaani, que l’on soupçonne d’avoir participé à Beyrouth à des réunions de préparation avec le Hamas et le Hezbollah. 

Bernard Hourcade , géographe, spécialiste de l’Iran, directeur de recherche émérite au CNRS.

« C’est un homme sérieux. Qui a été utilisé par le gouvernement iranien, parce qu’il était justement le plus radical, le plus fort, le plus efficace, pour négocier avec l’Arabie saoudite, pour trouver une solution. solution. Disant que l’Iran ne va pas libérer Jérusalem, là, les sanctions sont énormes. Depuis la chute du fait que Trump a déchiré l’accord sur le nucléaire, la perspective de développement économique est arrêtée. Et donc, la situation est très mauvaise. Et l’Iran ne peut plus soutenir ses proxys, soutenir le Hezbollah, soutenir les milices en Irak et tout le monde, Bachar el-Assad, de façon continue. Il faut trouver une solution. Et Soleimani, qui était le plus actif, parce qu’il était crédible, hein. Son élimination permettait d’évacuer la recherche d’une solution et de favoriser les pires radicaux. En disant, si les radicaux arrivent au pouvoir, affaiblis parce que Soleimani n’étant plus là, ils seront affaiblis, on pourra éliminer militairement les opposants. Et c’est une théorie d’Israël : « Je bombarde, je détruis physiquement les gens, hein, sans trouver de solution politique. » Alors Soleimani cherchait une solution politique. Ce qui est important, et contrairement à ce qu’on disait, l’arrivée au pouvoir de Raissi en Iran, élu en 21, on dit : « C’est un apparatchik, c’est vrai. Un radical. Ce n’est pas un radical. C’est un pragmatique. C’est un apparatchik. Il n’a pas d’idéologie. C’est même pas un grand religieux. Il n’a même pas sa licence de théologie. Mais Mais c’est quelqu’un qui veut que ça marche. Il est là pour ça, pour que ça marche. Ne pas oublier qu’à l’époque, l’Iran et l’Arabie Saoudite étaient en guerre. Le bombardement des raffineries de pétrole saoudienne, par les Iraniens, en clair, a été un choc pour les Etats Saoudiens, qui s’est rendu compte qu’ils étaient fragiles par rapport à l’Iran. Les Etats-Unis refusaient leur soutien d’aller pas rentrer en guerre pour défendre l’Arabie Saoudite. Mais il fallait trouver un accord. Soleimani était de ceux qui faisaient les négociations avec l’aide du gouvernement irakien, disant : « Il faut sortir de ça. Sinon, regardez l’Irak. C’est un grand pays qui a été écrasé par Saddam Hussein. Les guerres ensuite. Regardez la situation des Irakiens aujourd’hui. Regardez la Syrie. Regardez l’Afghanistan. C’est dramatique. Il faut sortir de ça. Et finalement, qui gagnera ? Maintenant, qui gagnera ? Du chaos général ? Israël. C’est pour cela que Soleimani était un symbole. Je n’ai pas le détail de sa carrière, si vous voulez, sauf pour dire qu’il aurait été peut-être l’homme capable de faire entendre raisons aux plus radicaux en Iran parce qu’il était chef des radicaux. Si vous êtes un démocrate islamique modéré, qui parlait à des gardiens révolution qui ont fait le coup et et aidé le hezbollah pendant 40 ans, vous ne serez pas crédible. Si vous êtes le général qui a commandé ses forces pendant des années, vous pouvez leur dire écoutez mes amis : On a eu un très bon succès, mais il faut changer de stratégie. Il est crédible. En tuant Soleimani, on a enlevé la crédibilité de l’Iran. Cela dit, le débat a continué. Le point important est que la Chine décide, au mois de mars 2023, d’arrêter la guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, disant : « Mettez-vous d’accord ». Et les deux pays sont d’accord pour résoudre les mille problèmes qui restent et ce n’est pas encore fini. Ils se sont rendus compte à ce moment-là qu’il y avait un problème dans le Moyen-Orient. C’est une question palestinienne. Et que si l’Iran et l’Arabie Saoudite équiperaient, comme en 1973 quand Nixon était rendu dans la région, a dit : « Roi d’Arabie au Shah, vous êtes les gendarmes du Golfe pour protéger mon pétrole ». Ça redevient 50 ans plus tard, 70 ans plus tard, la même réalité. Mais tant que la question palestinienne sera sur la table, tant que la question d’Israël ne sera pas résolue d’une façon ou d’une autre, on ne pourra rien faire. On va s’opposer, il y aura des conflits. Et c’est là le projet qu’il y avait de trouver une solution. Et c’est là que le Hamas militaire s’est opposé au Hamas politique qui était prêt à regarder la situation, parce qu’il fallait bien qu’ils s’en sortent quelque part. que le Hamas a fait le coup du 7 octobre en faisant une opération scandaleuse qui a obligé Israël à surréagir. Et qui a obligé l’Iran. Le 7 octobre n’a pas été fait pour l’Iran, il a été fait contre l’Iran, qui voulait à ce moment-là mettre le Hezbollah, les milices outils, les milices de Bachar el-Assad, en les soutenant moralement, mais les mettre sur le côté. La résistance devait être défendue politiquement, on n’allait pas tout abandonner. L’héritage de Soleimani, mais l’utiliser comme un moyen de pression pour aboutir à quelque chose de positif. » 

Le Hamas est pourtant une composante qui peut paraître assez éloignée religieusement et politiquement de cet axe plutôt composé de chiites. En cela qu’il est sunnite d’une part, qu’en étant issu des frères musulmans, et qu’il a pris au cours des années 2000 à 2020 parfois des positions opposées à l’axe en matière de géopolitique et de relations internationales. Ici, Ainsi, il soutint l’opposition l’opposition armée au régime syrien dès 2011, puis l’intervention saoudienne au Yémen contre Ansarallah, et qu’il n’édita guère non plus à chasser le mouvement chiite palestinien Harakat al-Sabarin de la bande de Gaza en 2019, après avoir arrêté plusieurs dizaines de ses membres. Pourtant, trois jours après le début de ses attaques en Israël, le mardi 10 octobre 2023, soit au moment où Israël déclare avoir tout juste repris le contrôle de tous les sites concernés par l’attaque, le guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenni, déclare, déclare « Nous baisons la main de ceux qui ont planifié l’attaque contre le régime sioniste ». Le lendemain, c’est le porte-parole du Hamas, Ghazi Hamad, qui déclare que son groupe bénéficie d’un soutien direct de l’Iran, qui s’est engagé, selon lui, je cite, « à soutenir les combattants palestiniens jusqu’à la libération de la Palestine et de Jérusalem ».

Hussein Hajj Hassan, député et ancien ministre du Hezbollah.

« Ce n’est pas un lien avec Hamas, c’est le lien avec la Palestine. Hamas est créé en 1989. Avant, c’était Fath. Avant, Avant, c’était Abd al-Qadr Hussein et Ezzeddin al-Qassam. Le lien, c’est avec la Palestine. Hamas, c’est comme nous, un parti qui peut être créé et qui peut être n’importe quoi après. Le lien, c’est la Palestine. Le Le lien, c’est la sécurité communautaire arabe. Le lien, c’est la sécurité de la région. C’est ça, le lien. C’est avec la Palestine, avec les droits du peuple palestinien, avec l’occupation israélienne de Mazda al-Sheba et de l’Al-Khfar Shuba au Liban, avec l’occupation israélienne du Golan, avec l’occupation israélienne de la Banque Ouest. Ça, le lien, ce n’est pas un lien avec un parti. C’est un lien avec un pays, une cause, avec l’histoire, l’actualité et le futur. C’est comme le lien entre la France et l’Italie, la France et l’Espagne, la France et l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, la la sécurité commune, l’espoir commun, le futur commun, les dangers Non, il y a un lien avec un parti, mais le lien global, c’est le lien avec la Palestine. » 

Parce que si le Hezbollah ou les Pasdaran d’ailleurs ont eu aussi des liens avec quelques autres islamistes à travers le monde au nom du djihadisme transnational dans les années 1990, ces relations sont certes moins fortes et plus récentes qu’avec la Palestine, même si ces militants aiment à rappeler qu’ils ont combattu sur d’autres fronts. On parle ici d’un engagement politique et militaire symbolique, par exemple durant la guerre de Bosnie de 1992 jusqu’aux accords de Dayton en 1995, où une grosse centaine de combattants libanais et quelques Iraniens également vont mettre le pied en Europe pour soutenir leurs frères bosniaques au sein de l’unité paramilitaire El Mujahid, aux côtés d’anciens de l’Afghanistan, beaucoup plus nombreux parmi les milliers de combattants internationaux qui s’y trouvent. Cependant, la cause palestinienne restera toujours centrale dans le discours des révolutionnaires chiites. Les Palestiniens sont les voisins directs de ces habitants du sud-liban, dont les collines mènent directement aux villes côtières comme Haïfa ou celles de l’intérieur comme Nazareth. Il y a même des familles où les mariages ont rapproché encore plus les palestiniens et les libanais depuis l’époque ottomane. La question religieuse aussi est l’attachement à Jérusalem, par exemple, que l’Iran et donc le Hezbollah célèbrent chaque année par un jour de fête, entre autres signes que le combat pour la libération de la Palestine est au cœur de leur engagement. 

Bernard Hourcade, géographe, spécialiste de l’Iran, directeur de recherche émérite au CNRS.

« Il faut voir que Yasser Arafat a été le premier chef d’État, entre guillemets, rendant visite à Khomeni deux jours après la prise du pouvoir par Khomeni.  Et donc, parce que pour lui, effectivement, c’est un changement important. L’Iran soutenait Israël pour le pétrole, l’Iran a fait un terminal pétrolier, l’Iran ravitaillait l’Israël en pétrole, et donc le fait que le régime tombe était symboliquement très important. C’était le pays le plus important, finalement, qui pouvait soutenir la cause palestinienne. Mais Mais pour les islamiques, la cause palestinienne, la libération de Jérusalem, était un moyen de rentrer dans le monde musulman. L’Iran du chat n’avait pas de carte islamique. L’Iran est un pays musulman depuis le XVIe siècle, mais l’Iran n’avait pas de vraie table carte islamique. Ce n’est pas son problème. mais il essaye même de… sont détachés. Mais dans la composante de la révolution iranienne, Khomeni, forcément, a une place importante. Il s’agissait donc pour lui de montrer qu’il s’intéressait au monde musulman, et disait aux pays voisins, débarrassez-vous des dictatures d’Arabie Saoudite, de Jordanie, d’Égypte ou d’ailleurs, et faites comme nous, faites une révolution. Et donc, cette ambition révolutionnaire, un peu comme en France, la révolution française a voulu exporter les idées de la révolution, l’Iran a eu la même dynamique. Et quelle est la meilleure façon de pouvoir rendre l’Iran sympathique ? L’Iran, il ne parle pas arabe, ils sont chiites, donc ils sont totalement coupés du monde musulman. Mais si vous dites, je vais libérer Jérusalem, alors là, tout le monde comprend, depuis Casablanca jusqu’au jusqu’au Pakistan. Et donc, c’est un moyen pour l’Iran de rentrer dans le monde musulman, et d’être sympathique, alors qu’ils étaient inconnus et marginaux, dans le monde musulman. » 

S’il existe donc des liens réels et très anciens entre le Hezbollah et les Palestiniens, ce lien a été l’objet de différentes fractures, notamment avec le FATA dont il était proche, le parti de Yasser Arafat, dans les années 1970-80, qui, lorsqu’il a signé les accords d’Oslo au nom de l’OLP en 1993, a finalement reconnu Israël. Et c’est à ce moment-là que c’est constitué un front du refus, qui souhaitait la continuation d’un affrontement militaire. C’est à ce moment-là que le Hezbollah s’est donc rapproché du Hamas palestinien. Plus tard, ce même Hamas se rapprochera, lui, de la Turquie, alors que le parti chiite d’Hassan Nasrallah, dès 2015, interviendra, lui, en Syrie, en soutien à Bachar al-Assad, contre des mouvements, notamment proches des frères musulmans dont est issu le Hamas, ou soutenu soutenu par la Turquie. 

Hussein Hajj Hassan, député et ancien ministre du Hezbollah.

« Comme Comme n’importe quelle, si vous voulez, quelle diversité diversité qui peut se créer entre la France et l’Allemagne. La France et l’Allemagne ont fait beaucoup de guerres. Maintenant, ils sont des amis, non ? Parce qu’ils ont des intérêts communs, non ? L’attention qui a été faite avec Hamas durant la guerre de la Syrie est beaucoup plus faible que le lien avec la Palestine, qui est un lien, si vous voulez, un lien de destin, le lien avec la Palestine, un lien, si vous voulez, de futur stratégique. » 

Il faut donc noter qu’au sein de cet axe de la résistance, ces alliés font des choix géopolitiques qui les opposent aussi parfois. 

Hussein Hajj Hassan :

« C’est sûr que Saïd Nasrallah était un leader, un chef qui a dépassé les frontières sur le plan charismatique, sur le plan personnel, sur le plan politique, idéologique. Mais Mais vous savez que les ennemis ont beaucoup de moyens pour créer des tensions. Beaucoup de gens reprochent à nous, au parti, à Saïd Nasrallah, l’intervention l’intervention en Syrie. Mais Mais ils coupent la question. Avant Avant de reprocher à Saïd Nasrallah l’intervention en Syrie, il faut voir pourquoi cette intervention. Pourquoi ? »

Pour autant, le lien et le discours de solidarité avec la Palestine est extrêmement présent au sein du parti chine. 

Agnès Levallois, analyste spécialiste du Moyen-Orient, présidente de l’IREMMO.

« En fait, ce qu’on peut dire, me semble-t-il, c’est que le Hezbollah s’est présenté avec les Iraniens comme les derniers défenseurs de la cause palestinienne. Et que ce lien s’établit à travers le soutien au Hamas, même s’il peut y avoir des divergences. Mais l’important, finalement, pour le Hezbollah comme pour l’Iran, c’est de montrer que ce sont les derniers, les seuls, qui continuent à s’intéresser à la cause palestinienne, qui a été abandonnée par tous les autres pays de la région. Et les accords d’Abraham sont la démonstration du fait que les pays arabes qui signent ou ceux qui sont en train de négocier ont abandonné, abandonnent cette question palestinienne. Et donc, le Hezbollah se fait fort, lui, de montrer qu’il n’abandonne pas cette question palestinienne, qu’elle est absolument importante. Et c’est vrai que les deux mouvements se rejoignent dans le fait de résister à Israël, de résister à la stratégie mise en place par Israël. » 

Des cadres militaires, comme Imad Mughniyeh, le chef militaire du Hezbollah, et de nombreux militants y compris des personnalités importantes, comme Anis Naccache, auront débuté leur militance auprès du Fatah de Yasser Arafat dans les années 1970. Ils se sont formés militairement dans la Bekaa libanaise, dans des camps d’entraînement palestiniens de différentes factions palestiniennes, d’ailleurs. Et c’est là que se formeront, d’ailleurs, ceux qui vont fonder, plus tard, les Pasdaran, soit les gardiens de la révolution islamique en Iran, à partir de 1979. On comprend donc que la génération qui commande le Hezbollah en 2023 a eu un parcours et un lien très fort avec la Palestine, Et notamment les Palestiniens réfugiés depuis 1948, vivant dans 12 camps répartis sur tout le territoire libanais. Mais il paraît difficile pour autant de faire naître des liens forts avec des militants qui vivent dans une enclave à quelques centaines de kilomètres au sud ou sont incarcérés dans des prisons israéliennes et qui militent depuis 1987 sans être passés par le Fatah, dont a été proche le parti libanais jusque-là. 

Hussein Hajj Hassan :

« Le lien est… le lien avec la Palestine est prédécesseur de toutes les personnalités. Ce lien revient des années et des années à l’histoire. Ce lien… Saïd Hassan Nasrallah n’était pas venu dans la vie qu’en 1959. Mais le lien avec la Palestine revient des années et des années. Reviens… à la guerre de 1947-48, où tous les Arabes ont participé dans cette guerre, malgré malgré les résultats après. Le lien revient en 1956, lorsque Israël, la France et la Grande-Bretagne ont mené une guerre contre l’Egypte. Le lien revient en 1967, où tous les Arabes ont connu une défaite qui a touché tous nos sentiments. Certainement, certainement, la personnalité de Saïd Hassan Nasrallah et des dirigeants de Hamas, les dirigeants de Hezbollah et les dirigeants de Hamas, a un certain rôle, c’est sûr. Mais ce n’est pas seulement la personnalité. Le lien est historique, géographique, géographique, religieux, religieux, chrétien et musulman. Le lien, donc, Il est historique, géographique, religieux, sécuritaire, familial. familial. Il y a des familles de deux bords qui sont qui ont vécu ensemble. Il y a des mariages linguistiques, la même langue arabe. Communautaires. Nous sommes une nation arabe. » 

Et c’est là, peut-on dire, qu’Israël va jouer malgré lui un rôle majeur dans le tissage de ces liens entre le Hezbollah et le Hamas. En décembre 1992, en expulsant, malgré la condamnation du conseil de sécurité de l’ONU et en violent la convention de Genève, En expulsant donc 415 cadres palestiniens du Hamas et du djihad islamique vers le sud-Liban, Israël va permettre, là aussi, des connexions auparavant impossibles à établir. Parmi ces 415 expulsés, intéressons-nous au parcours de deux d’entre eux. Tout d’abord Saïd Seyam, un un proche du leader spirituel du Hamas, cher Ahmed Yassin, alors détenu par les Israéliens. Ce militant, originaire du camp de S hati à Gaza, a déjà été arrêté et incarcéré à de nombreuses reprises depuis le déclenchement de la première intifada en 1987. Il va continuer sa formation politique au Liban, et de retour en Palestine, il deviendra ministre de l’intérieur du gouvernement de Ismail Hanyeh. En 2006, à ce titre, il va utiliser l’expression « d’axe de la résistance » à la télévision iranienne dans lequel il inclut le Hamas aux côtés de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah. Au-delà des mots, le symbole est fort et marque un ancrage auprès de la république islamique. Il sera tué à Gaza avec son fils par un bombardement israélien lors de l’opération « plomb durci » en 2009. Si l’on a déjà cité Yahya Sinwar comme organisateur central du 7 octobre, il faut revenir sur les conditions dans lesquelles il devient chef du Hamas. Et c’est là qu’intervient notre deuxième protagoniste, symbolique de ce rapprochement entre les deux mouvements islamistes, celui du Hamas et celui du Hezbollah, qui ont pu connaître des divergences depuis quelques années. En effet, en 2011, un échange de prisonniers est effectué contre Gilad Shalit, le soldat franco-israélien enlevé à Gaza en 2006. Et parmi les 1027 prisonniers palestiniens libérés apparaît Yahya Sinwar, qui a alors effectué 22 ans de détention en Israël. 

Sa libération est en fait négociée par Saleh El Arouri, palestinien originaire de Ramallah, qui vient de quitter, lui, des geôles israéliennes un an auparavant, et a dû s’engager à quitter la Palestine. Ce qui l’amènera en Jordanie d’abord, puis en Syrie à partir de 2012, où du fait de la crise syrienne, où les frères musulmans sont opposés finalement à Bachar el-Assad, il doit partir vers la Turquie, …puis puis en 2015, pour le Qatar, quand Ankara finit par se rapprocher elle-même des israéliens. Il terminera finalement son périple, un peu à l’image des soutiens internationaux du Hamas, au Liban, en 2018. C’est désormais dans la banlieue sud de Beyrouth qu’il va tisser des liens avec notamment Hassan Nasrallah et les dirigeants iraniens, Jusqu’en janvier 2024, où un drone israélien le ciblera. C’est d’ailleurs à ce titre d’interlocuteur privilégié que le matin du 7 octobre, Yahya Sinwar aurait fait appel à lui pour prévenir en personne le chef du Hezbollah du déclenchement de l’opération déluge d’Al Aqsa. 

A ce stade, nous avons donc établi que le Hezbollah n’était pas au courant, pas plus que l’Iran, de ce plan d’attaque et encore moins de la date du lancement d’une telle opération, mais que pour autant, il a souhaité rester aux côtés du peuple palestinien et du Hamas à Gaza afin de le soulager dans cette guerre qui allait débuter alors qu’Israël rappelait 360 000 réservistes, une première dans l’histoire de l’état hébreu, alors qu’on estime à 30 000 le nombre de combattants du Hamas à Gaza. L’épisode 2 de ce documentaire nous permettra de comprendre ce front uni voulu par Hassan Nasrallah et la stratégie de guerre et de négociation qu’il souhaitait mettre en place.