Emmanuel Hiriart- Directeur de la Photographie

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Retour à la réalité.

De mon coté j’étais en tournage à Chypre, coté grec puis à Istambul pour une série de programmes courts partant à la découverte des villes d’Europe et d’Occident pour une télévision du Qatar. Nous tournons les premiers épisodes avec une Sony EXcam EX3 malgré son codec interne LongGop à 35 Mb/s et une 5D (et son horrible H264) vient faire office de caméra B pour les interviews.

En revenant sur des tournages avec des caméras de type ExCam on se souvient comme il est appréciable d’avoir un outil assez ergonomique, peu couteux, stable et doté d’un workflow des plus simples. Après de nombreuses galères ou malentendus avec notamment des RED qui malgré leurs grandes qualités peuvent parfois causer des angoisses voire poser des problèmes, de son, d’allumage, de workflow ou d’autonomie.

Pourtant mon choix pour l’année à venir est bien d’essayer de ne travailler qu’avec une RED, en l’espèce la Scarlet et de pouvoir ainsi délivrer des films allant du format 4K au HD. En effet je vous ai déjà conté les mérites du petit enregistreur externe pix 240 de sound device et c’est bien grâce à lui que ce choix est possible.

Capable d’enregistrer en 10 bits, 4:2:2 et en AppleProRes comme en DnxHD (pour les monteurs en Avid) jusqu’à 220mb/s dans les deux codes, sur des SSD de 2,5 pouces (dont le prix baisse de plus en plus et dont la qualité est très bonne y compris dans des tournages compliqués en présence de poussières, d’embruns, de neige…) mais aussi sur des cartes CF. On alimente ce petit bloc très compact et solide par la caméra elle même ou via des batteries Sony L, on pourra alors se plaindre d’une autonomie un peu courte car il faut toujours qu’on se plaigne. Pour le reste, à part l’écran qui ne restitue pas vraiment la colorimétrie des images que l’on tourne, un défaut de balance des blancs récurrents sur tous les modèles que j’ai utilisé. Mais comme l’on dispose d’entrées mais aussi de sortie en HD-SDI et HDMI on branchera un moniteur de contrôle. Mon small HD faisant alors parfaitement l’affaire. Du coté du son, on peut faire confiance au pré-ampli de sound device pour s’occuper parfaitement des canaux audio notamment à travers les entrés XLR que l’on peut configurer et monitorer comme on le souhaite.  Les différents upgrades de l’engin nous permettent désormais de ne plus avoir à appuyer sur la touche enregistrer de l’appareil et c’est bien pratique. Je m’en explique, une fois relié à la caméra c’est le bouton de cette dernière qui pilote l’enregistrement sur le pix 240 évitant d’avoir à déclencher deux fois mais surtout d’interrompre par inadvertance par pression des grosses touches du boitier externe.

C’est donc un boitier qui a su me conquérir car il me donne une certaine sérénité dans le travail, quelque soit la caméra que j’utilise, le codec est toujours le même et le haut débit d’écriture donne un peu plus de qualité à mes images y compris en provenance de caméra 1/3 de pouce ou d’un demi pouce.

Pour exemple sur ce type de tournage pour le Qatar à travers le monde (il est prévu de faire escale à Paris, Londres, Prague, Berlin, Amsterdam, Barcelone et New York City dans un premier temps) il me permet de proposer un meilleur codec à la production qui tient à tourner la chose en ExCam (ils disposent déjà d’un parc de caméras de ce type) et de disposer l’air de rien de 2 canaux audio supplémentaires, et d’une copie de sauvegarde sur cartes SxS en plus de la duplication des rushes sur deux disques durs chaque soir.  Je voyage l’esprit tranquille, le workflow est des plus simple, l’ergonomie est bonne et le tout étant solide et compact l’appareil se loge dans un sac à dos dans une petite housse et depuis le temps n’a pas pris un coup.

Les SSD sont un bonheur en terme de rapidité et de fiabilité (j’utilise des SSD Samsung 830 et des OCZ Vertex 3). Les monteurs sont ravis de posséder les images en AppleProRes ou en DnxHD selon leurs demandes, et enfin je peux proposer à mon tour des tournages avec la Scarlet voir l’Ikonoscop sans être tenu à un workflow plus long et couteux en temps et en matériel. C’est donc un achat certes un peu couteux (on le trouve en France à 3500 euros mais son prix devrait baisser) mais qui permet aussi de rentabiliser une caméra comme la RED en permettant de l’utiliser lors de tous les tournages ou presque ce qui n’est pas rien lorsque l’on voit le cout d’un tel achat. Voilà comment je vais donc proposer à la production de tourner la saison 2 de ces programmes courts en Scarlet et de leur délivrer les rushes en HD 10 bits à 220mb/s afin que cela ne nuise pas en temps et en argent à la post production.

Par ailleurs le 4K semble devoir devenir la prochaine norme de diffusion du moins si l’on écoute les différents bruits venant de chez Sony qui annonce ni plus ni moins vouloir devenir leader sur le marché du 4K tant en captation qu’en diffusion en étant capable de fournir des caméras et des HDSLR dotés de tels capteurs et de processeurs capables de traiter un tel flux et de la diffuser sur un projecteur vidéo de salon en l’occurrence le modèle VPL-VW1000ES dont on en connait pas encore le prix qui sera aussi capable de convertir des sources en 2K ou en simple HD. La NHK elle, vient de révéler qu’elle travaillait sur un capteur de 8K, le futur semble s’inscrire dans une course à l’armement technologique que les japonais n’ont aucune intention de laisser aux USA ou aux européens. Enfin si ces normes n’atterriront pas dans nos salons avant 2016 sachez que les codecs vidéos permettant de tels encodages sont déjà à l’étude en vu de remplacer notamment le H264, ainsi le H265 (en fait le High Efficiency Video Coding HEVC) sera capable de réduire la taille des fichiers de 40% à qualité égale mais surotut prendra en charge des formats jusqu’à 7680X4320 pixels. C’est en effet le format (Ultra High Definition Television UHDT) 4320p ou 8K qui semble avoir était retenu. On en saura plus dans un an lorsqu’en janvier 2013 lorsque l’Internation Telecommunication Union et MPEG-LA dévoileront les spécifications sur successeur du H264, sans regret.

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Scarlet et Canon C300 : premières impressions.

Voilà donc les 2 petites caméras tant attendues dans notre milieu, à défaut de les avoir utilisées je me contenterai donc d’un simple exposé de leurs qualités (ou manques?) techniques et des premières impressions que cela me fait sachant qu’il est sûr que très vite j’aurai à tourner des images avec.

La Canon C300 d’abord annoncée pour 16 000$.

Je devrais dire les Canon car il s’agit de deux modèles, l’un en PL Mount, l’autre en EF Mount qui reprend un peu (malheureusement) le design des vieux camescopes de poing, mais y ajoute une technologie assez au point et suffisante pour bien des projets à savoir du 4:2:2 en codec XF Mpeg2 Long GOP à 50 Mbps enveloppé dans du MXF, le tout s’enregistrant sur des cartes CF à une cadence maximale de 30 fps, il y a deux emplacements à cet effet. et peut enregistrer simultanément sur les deux cartes, 160 minutes pour 64 Go. Il s’agit là je pense du minimum acceptable pour pouvoir livrer des images à la BBC selon leurs normes internes, que je tente d’appliquer à mes productions et aux clients pour qui je travaille même lorsqu’il ne s’agit pas de la BBC. Enfin des filtres ND sont intégrés et l’on peut retirer la poignée ou le viewfinder, deux entrées XLR sont présentes ainsi que deux sorties HD-SDI.

Le capteur de 8.3 MP lui est modelé sur un Super 35mm 3-Perf dont la taille est de 24,6 par 13,8mm.Il est sensé avoir une très belle sensibilité et dégager peu de bruit, réduire l’effet rolling shutter. On dispose aussi d’entrées pour un time code, un genlock . Voilà pour faire vite les quelques chiffres qui nous présentent la Japonaise. Bien sur les deux modèles arrivent tout équipés avec batterie, chargeur, cables et accessoires, du prêt à l’emploi ou presque comme Canon nous a habitué à le faire. Pour ceux qui voudraient en profiter pour investir dans des optiques PL ou EF, Canon va mettre sur le marché différentes focales fixes ou zooms sur lesquelles je reviendrai très vite car je dois en recevoir en test très vite. En voici la liste :

Un zoom 14,5-60mm T2.6, un téléobjectif 30-300mm T2.95-3.7, un 24mm T1.5, un 50mm T1.3 et un 85mm T 1.3.

Et puis une annonce un peu floue est venue nous vendre du rêve à savoir un appareil photographique 4K full frame, filmant à 24 images secondes mais en Motion Jpeg dans un angle de champ plus serré équivalent à un APS-H. Je vous laisse songeur comme je le suis avec un cliché de ce à quoi devrait ressembler le futur engin qui a l’air de nous rejouer l’histoire du 5D Mark II.

Pour ce qui est de nos amis de RED, la Scarlet X est enfin là, ou presque, en fait elle devrait être disponible en Décembre de cette année, au prix allant de 10 00 à 15 000$ selon les versions. Comme prévu le capteur de 14 MP est un S35(Mysterium X de 27,7mm par 14,6mm) de 5K (5210 par 2700). Équipé soit d’une monture EF soit PL, avec un option sur une monture EF en titane. Elle pourra tourner donc en 5K full frame mais seulement de 1 à 12 fps, puis, déclinera différents mode, 4K à 30 fps, 3K jusqu’à 48 fps, 1080P jusqu’à 60 fps et 1K, le tout enregistré en REDCODE RAW et pour une sensibilité équivalente à celle de la EPIC, seul distinguo, le  ratio de compression un peu plus destructeur que sa grande soeur, à savoir 6:1. Elle devrait être capable de gérer le HDRx et de tourner à 120 fps à 1K, mais les utilisateurs de Twixtor devraient pouvoir s’y retrouver à des cadences plus lentes et à un meilleur format lors du tournage.

La monture Canon supportera l’autofocus et les autres accessoires et modules de chez RED seront aussi compatibles avec ce modèle d’entré de gamme.Il faudra donc compter lui ajouter outre les batteries qui devraient être plus économes sur ce modèle, un écran tactile 5 pouces, un EVF de type Bomb assez couteux pour l’instant, une Redmote et un grip et ses nombreux boutons paramétrables.

Elle bénéficera d’une sortie SDI, clean feed en 4:2:2  en 1080P, et enregistrera sur des SSD de 1,8 pouces d’une capacité maximale pour l’instant de 256 Go. L’audio, qui pour une fois n’est pas le parent pauvre de l’opération accepte 2 canaux non compressés, 24 bits en 48KHz.

De mon coté il est évident que c’est plutôt vers la Scarlet me coeur balance, d’autant plus qu’en « complément » d’une EPIC en PL mount cette petite dernière pourrait recevoir toutes mes optiques Canon, y compris les derniers zooms annoncés plus haut et permettre un travail en post production identique ou presque que j’ai décidé de tourner en 5k ou en 2K, les deux machines me permettant aussi d’y adjoindre un Sound Devices PIX 240 pour faire du 1080P (auquel je consacrerai très vite un petit article tant sa mise à jour pour fonctionner avec la RED est simple et efficace, il embarque des SSD 2,5 pouces et capture en 4:2:2 en AppleProREs et en plus s’accompagne d’un petit écran de contrôle pour à peine plus cher que le KIPro de AJA). Je dois d’ailleurs choisir quel matériel m’accompagnera sur le tournage d’une série documentaire très prochainement il est à parier que cela pourrait être une Scarlet dès 2012, si elle arrive dans les temps?