Emmanuel Hiriart- Directeur de la Photographie

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Nouveauté Blackmagic Design, une caméra 2,5K cette année

Mon premier billet vous faisait savoir, à l’époque, que je collaborais avec Blackmagic Design,  notamment après l’abandon par Apple de son logiciel Color,  je me tournais vers une solution appelée Da Vinci Resolve alors tombée dans l’escarcelle des magiciens noirs. Mais c’est toute une gamme de matériel qui m’interessait aussi, dont l’Ultrascope, l’Ultra studio, l’Hyperdeck Shuttle et toute la gamme des Intensity ce qui permettait à mes Macs de communiquer via le port Thunderbolt. avec des écrans, des caméras et autres… J’apprenais alors que dans les cartons se cachait une caméra et aujourd’hui en voilà les détails techniques :

La caméra Blackmagic de 1,7 kg  est construite autour d’un capteur de 16,64mm x 14,04 mm pour une surface active de 15,6 mm x 8,8 mm soit un capteur de 2592×2192 pixels pour un enregistrement en format 2.5K avec 13 stops de dynamique sur des SSD de 2,5 pouces en 2 formats : 2432×1366 RAW 12 bits en DNG  ou en HD 1080p en Appelprores ou en Avid DNxHD. On devrait pouvoir enregistrer un peu moins de 30 minutes à 24 images seconde sachant que chaque image fera un poids de 5Mo en RAW DNG , et donc 5 fois plus en HD dans l’un des deux formats Avid ou Apple. Enfin, nous disposerons d’une sortie HD-SDI en 4:2:2 pour un moniteur externe, un viewfinder voire un enregistreur externe.

Elle sera équipée en monture EF et ZF dont la caméra pourra contrôler le diaphragme électronique cher à Canon et possédant un LCD tactile pour monitorer (quoi que la résolution de 800 x 600 le résume à un écran de paramétrage). C’est notamment grâce à ce LCD qui émulera un clavier que l’on pourra entrer un maximum de metadonnées (dont des mots clés) et procéder aux réglages. La caméra disposera d’un microphone intégré en mono et d’une sortie casque ainsi que d’un haut parleur. Les entrées son sont au nombre de deux mais au format discutable  jack avec une option pour choisir entre ligne ou microphone. Ici autant dire qu’on aurait préféré du XLR mais une fois raccordé à un enregistreur externe digne de ce nom on aura résolu cet inconvénient. L’appareil devra donc s’équiper de composants annexes en configuration de tournage et tous les câbles sortiront par le coté gauche de la caméra. Reste aussi le flou qui entoure les batteries, d’un format « propriétaire » à Blackmagic dont on sait pas encore le prix et la possibilité de sans passer pour choisir une option déjà connue et éprouvée?

L’appareil disposera d’une fonctionUltrascope  via son port thunderbolt qui une fois relié à, par exemple un MacBookPro, délivrera toutes les informations nécessaires (vectorscope, parade, histogramme et waveform). Enfin une télécommande viendra s’ajouter à l’appareil lui permettant de lancer l’enregistrement à distance mais aussi de contrôler le diaph et le focus… à voir concrètement comment cela sera pratique et efficace.

Et cerise sur la gâteau, Blackmagic Resolve vendu avec la caméra. disponible en Juillet pour moins de 3000 dollars cela enfonce la concurrence et notamment nos amis de Bolex ou d’ikonoskop, à n’en pas douter cela va remplacer la 5D  voire la F3 et la C300 dans les coeurs de beaucoup, en espérant que l’ergonomie soit au rendez vous car au niveau du format d’enregistrement la différence plaide déjà en faveur de Blackmagic.


Filmer avec une Bolex 16mm en 2012, en numérique?

Il y a des jours comme cela où à force d’aller et venir entre Viméo et Kickstarter (où je dois déposer un projet dont je parlerai très bientôt) on tombe sur une chose à peine croyable. Et c’est donc en menant de telles activités que je suis tombé sur cet autre projet, totalement fou, puisqu’il s’agit de relancer une caméra super 16 Bolex, numérique, la D16 au capteur CCD Kodak capable d’enregistrer en 2K (2048 X 1152 pixels en 12 bits 4:4:4. Amusant car la bolex paillard fut une des premières caméras que j’ai pu posséder, la B8 si mes souvenirs sont bons, simple et robuste. Ceci expliquant surement mon affection toute particulière pour ce format et pour la pellicule.

Originellement créée par Jacques Bogopolsky en 1927 la Bolex auto ciné connue bien des évolutions en 8 et 16mm notamment avec la H16 dès 1941, première caméra grand public a connaitre un succès de masse. Puis en 1952 lorsque la marque introduira la première caméra 3D. En vendant ses brevets et sa marque à Paillard, jusque là spécialisé dans les mécaniques de montres et les boites à musique, la nouvelle entité connue sous le nom de Bolex Paillard va commercialiser des projecteurs et des caméras de 1930 à 1975 entres autres les séries H, B ou C, qui vont être utilisées pour la télévision, le documentaire et l’animation.

Aujourd’hui, demain en fait, cet été pour être précis, digitalbolex envisage donc de ressortir une bolex dans son design « olé schéol » avec poignée et manivelle, capable d’enregistrer sur des cartes CF ou sur des SSD en format Adobe Cinema DNG à l’image de nos amis d’Ikonoskop qui font un très beau travail eux aussi dans le style 16mm mais dont la caméra se limite elle à de la HD. Ici on aura en plus deux entrées XLR et une alimentation 4pin xlr 12V.

On devrait pouvoir monter pas mal d’optique puisque le C-Mount viendra en standard mais que le PL, EF et B4 seront des options via des adaptateurs. Elle disposera d’un view finder d’une toute petite diagonale de 2,4″ de 320 X 240 pixels mais selon les informations que j’ai pu obtenir une sortie HD-SDI serait dans les cartons à dessins.

La bonne nouvelle est que cela ne devrait pas couter très cher, ne pas peser lourd et que d’une part on aura un vrai capteur CCD, et non pas un vulgaire CMOS et d’autre part que le format RAW proposé ici permettra de pouvoir traiter une très belle image en 2K 4:4:4 certes un peu lourde (3 MB par image) mais dans un codec tolérant et à peu de frais.

Je suis ce projet de près, je vous tiens au courant dès que je reçois mon exemplaire, parce que l’idée est trop belle pour ne pas en faire partie. Vous pouvez lire ici les données techniques de la chose et pour en voir quelques images produites c’est ici sur Viméo


The price we pay

Quelques retours d’expériences avec la Red Scarlet afin de se faire une idée plus précise du prix réel de la chose.

Je sais que nombre de visiteurs de ce blog se posent la question (y compris sur google) de l’utilité d’acheter une Scarlet, ils viennent chercher ici aussi quelques arguments ou expériences rassurantes afin de confirmer leur envie assez onéreuse. Cela me pousse à vous livrer mes impressions de tournages d’un point de vue technique afin que chacun puisse en tirer les conséquences qu’il voudra et également chiffrer un peu la réalité des faits. En me basant sur les prix publics de nos amis de Red et notamment sur le fait que le package de la Scarlet en monture Canon pourrait paraitre à première vue, une offre de départ intéressante pour de nombreux petits producteurs ou directeurs de la photographie désirant s’équiper afin de pouvoir proposer leurs services en 4k, qui parait être la norme à venir pour la télévision de demain.

Quels sont dès lors les coûts financiers qui vont venir s’adjoindre à cette offre qui pour 16.000$ vous propose d’acquérir un corps et une mouture Canon EF, deux batteries, un chargeur, un SSD de 64Go,un écran tactile de 5 pouces et un câble vidéo pour celui-ci. Peut-on considérer cela comme un prêt à tourner? Soyons sérieux vous n’irez pas bien loin ainsi alors quels sont les étapes qui vont venir alourdir la note.

Premier point sur lequel il faut s’arrêter, le coût réel d’un tel investissement. Car une telle machine si on l’utilise à plein régime en 4k avec le ratio de compression le plus bas va vous dévorer de l’espace de stockage aussi bien pour enregistrer sur des SSD de 1,8 pouces que pour sauvegarder ces images sur des disques durs rapides et dotés d’une grande capacité. Ainsi, en utilisant le R6:1, la plus basse compression offerte à séjour par Red sur cette caméra il faudra compter que le moins cher des SSD de la marque d’une capacité de 64Go enregistrera 23 minutes dans un format de 4k en 24 images par seconde. Ce même support verra sa capacité passer à 46 minutes en augmentant la compression à 12:1 toujours dans le format maximum et pour la même fréquence d’image.

En parlant de fréquence souvenez vous aussi que si la Epic filme elle, en 5k, la Scarlet se contente de photographier 12 images par seconde à ce format. On doit faire face ici un bridage logiciel afin de justifier la différence de prix. En 4k on atteint enfin les 25 images par seconde, pour seulement 12 en HDRx. Si le mode HDRx vous intéresse sachez que vous devrez tourner en 3k ce qui vous délivrera la fréquence minimum de 25 images par seconde.  Et si vous avez besoin de 60 images par seconde en mode normal alors il faudra réduire le format à 2k. Voilà la triste réalité de la très haute définition. Attention également au temps nécessaire pour copier les SSD sur vos disques de sauvegarde ou de travail. En tournage loin de ma station de montage et de sa RedRocket (valeur près de 5000$) qui va vous permettre de transcoder vos fichiers RAW « quasiment » en temps réel, il faut bien 7 minutes pour transférer le matériel d’un SSD de 64Go sur un disque externe relié à mon MacBookPro. Inutile de vous dire que je n’ai même jamais eu l’idée de tenter une conversion RAW sur cette machine mais j’imagine que ça doit prendre une journée et la nuit qui va avec.

Remettons nous un instant dans les conditions d’un documentaire que j’ai tourné avec la Scarlet récemment, outre le fait que mon hôtel ne me laissait en tout et pour tout que deux prises de courant électrique dans ma chambre et que je devais jongler avec les chargeurs,  le chargeur de ma Scarlet n’accepte qu’une batterie à la fois.  La Red ayant un grand appétit et consommant chaque demie heure de tournage une petite RedVolt, prévoyez donc un maximum de batteries (le pack de 4 coute dans les 750$) et ne pensez pas qu’en passant comme moi par des batterie V-Mount via un adaptateur cela ira mieux il vous en faudra aussi quelques kilogrammes.Sachant que je tournais environ une heure et demie par jour d’images car j’avais pas mal d’interviews à faire. Il me fallait donc un minimum de 5 SSD, valeur à l’unité 950$, afin de pouvoir tourner cela, et le soir un bon nombre de disques durs externes en doublant ces 300Go quotidien sur deux supports. Il vous reste, c’est vrai toujours la possibilité de descendre en qualité tant d’image que de compression pour être moins dévoreur d’espace mais l’on aborde alors un autre aspect de la chose.

Car il existe un autre revers de cette méthode qui se situe dans le facteur multiplicateur de chaque format. En effet, en réduisant le format image sur la Red on réduit la taille effective du capteur en utilisant qu’une partie de celui-ci et donc on modifie la profondeur de champ d’une part mais surtout on augmente la valeur nominale de la focale en la multipliant par 1,6 à 4k et jusqu’à 6,4 à 1k.  Si vous devez tourner à ce format pour des raisons par exemple de HDRx ou de fréquence d’images alors votre 50mm en plein format (5k) sera devenu un 320mm du fait du capteur utile de 1024 X 540 pixels. À ce rythme là, même le plus large de mes grands angles, un 14mm f1.4 se transforme en un 89,6mm. Ça laisse rêveur sur les possibilités de tourner un plan large.

Puis il faudra aussi accessoiriser votre caméra pour lui adjoindre du son, un moniteur, un viewfinder, un enregistreur externe et que sais encore, et je ne parle pas là d’une mattebox ou d’un follow focs. L’idéal pour pouvoir rajouter ces éléments est de posséder une « cage » qui venant se fixer autour du corps de la caméra pourra accueillir vos extensions. Bien sur vous ne serez pas obligé à ce stade là de passer par le site de Red, beaucoup d’autres possibilités moins onéreuses s’offrent dont ce modèle assez solide et pratique qui devrait se vendre bien moins cher que celui sigle de rouge.

Voilà pourquoi une fois tous ces facteurs pris en compte il vous faudra savoir si le jeu en vaut la chandelle. La Scarlet reste une très belle machine qui je l’espère saura vous séduire, même si tout à un prix. Je vous ai déjà présenté des moyens de l’utiliser sur de nombreux tournages notamment en haute défintion grâce au Pix 240 de soundevice et j’en suis sur vous trouverez aussi des manières de l’accessoiriser afin qu’elle puisse s’adapter à tous vos besoins.


Retour à la réalité.

De mon coté j’étais en tournage à Chypre, coté grec puis à Istambul pour une série de programmes courts partant à la découverte des villes d’Europe et d’Occident pour une télévision du Qatar. Nous tournons les premiers épisodes avec une Sony EXcam EX3 malgré son codec interne LongGop à 35 Mb/s et une 5D (et son horrible H264) vient faire office de caméra B pour les interviews.

En revenant sur des tournages avec des caméras de type ExCam on se souvient comme il est appréciable d’avoir un outil assez ergonomique, peu couteux, stable et doté d’un workflow des plus simples. Après de nombreuses galères ou malentendus avec notamment des RED qui malgré leurs grandes qualités peuvent parfois causer des angoisses voire poser des problèmes, de son, d’allumage, de workflow ou d’autonomie.

Pourtant mon choix pour l’année à venir est bien d’essayer de ne travailler qu’avec une RED, en l’espèce la Scarlet et de pouvoir ainsi délivrer des films allant du format 4K au HD. En effet je vous ai déjà conté les mérites du petit enregistreur externe pix 240 de sound device et c’est bien grâce à lui que ce choix est possible.

Capable d’enregistrer en 10 bits, 4:2:2 et en AppleProRes comme en DnxHD (pour les monteurs en Avid) jusqu’à 220mb/s dans les deux codes, sur des SSD de 2,5 pouces (dont le prix baisse de plus en plus et dont la qualité est très bonne y compris dans des tournages compliqués en présence de poussières, d’embruns, de neige…) mais aussi sur des cartes CF. On alimente ce petit bloc très compact et solide par la caméra elle même ou via des batteries Sony L, on pourra alors se plaindre d’une autonomie un peu courte car il faut toujours qu’on se plaigne. Pour le reste, à part l’écran qui ne restitue pas vraiment la colorimétrie des images que l’on tourne, un défaut de balance des blancs récurrents sur tous les modèles que j’ai utilisé. Mais comme l’on dispose d’entrées mais aussi de sortie en HD-SDI et HDMI on branchera un moniteur de contrôle. Mon small HD faisant alors parfaitement l’affaire. Du coté du son, on peut faire confiance au pré-ampli de sound device pour s’occuper parfaitement des canaux audio notamment à travers les entrés XLR que l’on peut configurer et monitorer comme on le souhaite.  Les différents upgrades de l’engin nous permettent désormais de ne plus avoir à appuyer sur la touche enregistrer de l’appareil et c’est bien pratique. Je m’en explique, une fois relié à la caméra c’est le bouton de cette dernière qui pilote l’enregistrement sur le pix 240 évitant d’avoir à déclencher deux fois mais surtout d’interrompre par inadvertance par pression des grosses touches du boitier externe.

C’est donc un boitier qui a su me conquérir car il me donne une certaine sérénité dans le travail, quelque soit la caméra que j’utilise, le codec est toujours le même et le haut débit d’écriture donne un peu plus de qualité à mes images y compris en provenance de caméra 1/3 de pouce ou d’un demi pouce.

Pour exemple sur ce type de tournage pour le Qatar à travers le monde (il est prévu de faire escale à Paris, Londres, Prague, Berlin, Amsterdam, Barcelone et New York City dans un premier temps) il me permet de proposer un meilleur codec à la production qui tient à tourner la chose en ExCam (ils disposent déjà d’un parc de caméras de ce type) et de disposer l’air de rien de 2 canaux audio supplémentaires, et d’une copie de sauvegarde sur cartes SxS en plus de la duplication des rushes sur deux disques durs chaque soir.  Je voyage l’esprit tranquille, le workflow est des plus simple, l’ergonomie est bonne et le tout étant solide et compact l’appareil se loge dans un sac à dos dans une petite housse et depuis le temps n’a pas pris un coup.

Les SSD sont un bonheur en terme de rapidité et de fiabilité (j’utilise des SSD Samsung 830 et des OCZ Vertex 3). Les monteurs sont ravis de posséder les images en AppleProRes ou en DnxHD selon leurs demandes, et enfin je peux proposer à mon tour des tournages avec la Scarlet voir l’Ikonoscop sans être tenu à un workflow plus long et couteux en temps et en matériel. C’est donc un achat certes un peu couteux (on le trouve en France à 3500 euros mais son prix devrait baisser) mais qui permet aussi de rentabiliser une caméra comme la RED en permettant de l’utiliser lors de tous les tournages ou presque ce qui n’est pas rien lorsque l’on voit le cout d’un tel achat. Voilà comment je vais donc proposer à la production de tourner la saison 2 de ces programmes courts en Scarlet et de leur délivrer les rushes en HD 10 bits à 220mb/s afin que cela ne nuise pas en temps et en argent à la post production.

Par ailleurs le 4K semble devoir devenir la prochaine norme de diffusion du moins si l’on écoute les différents bruits venant de chez Sony qui annonce ni plus ni moins vouloir devenir leader sur le marché du 4K tant en captation qu’en diffusion en étant capable de fournir des caméras et des HDSLR dotés de tels capteurs et de processeurs capables de traiter un tel flux et de la diffuser sur un projecteur vidéo de salon en l’occurrence le modèle VPL-VW1000ES dont on en connait pas encore le prix qui sera aussi capable de convertir des sources en 2K ou en simple HD. La NHK elle, vient de révéler qu’elle travaillait sur un capteur de 8K, le futur semble s’inscrire dans une course à l’armement technologique que les japonais n’ont aucune intention de laisser aux USA ou aux européens. Enfin si ces normes n’atterriront pas dans nos salons avant 2016 sachez que les codecs vidéos permettant de tels encodages sont déjà à l’étude en vu de remplacer notamment le H264, ainsi le H265 (en fait le High Efficiency Video Coding HEVC) sera capable de réduire la taille des fichiers de 40% à qualité égale mais surotut prendra en charge des formats jusqu’à 7680X4320 pixels. C’est en effet le format (Ultra High Definition Television UHDT) 4320p ou 8K qui semble avoir était retenu. On en saura plus dans un an lorsqu’en janvier 2013 lorsque l’Internation Telecommunication Union et MPEG-LA dévoileront les spécifications sur successeur du H264, sans regret.